icone-retour-accueil  > En Établissements  >  Faire face aux violences conjugales en centre d’hébergement

Faire face aux violences conjugales en centre d’hébergement

05.11.2018

En 2016, 138 personnes – majoritairement des femmes – sont décédées, victimes de la violence de leurs partenaires ou ex-partenaires. Ces violences conjugales sont difficiles à repérer : elles se produisent dans la sphère privée et s’accompagnent souvent d’un phénomène d’emprise psychologique qui place la victime dans un état de grande vulnérabilité. La HAS publie des recommandations à destination des professionnels exerçant dans les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) pour les aider à repérer et à accompagner ces victimes.

 

Les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) participent au dispositif de mise en sécurité et de protection des victimes de violences au sein du couple1, en mettant à leur disposition des hébergements dédiés. 78 % des professionnels qui y travaillent disent rencontrer des difficultés lorsqu’ils accompagnent des victimes de violences conjugales et ce, dès le repérage. Les victimes ont en effet beaucoup de mal à exprimer ce qu’elles subissent. Les intervenants disent également se trouver parfois démunis, ne pas parvenir à trouver le bon positionnement ou ne pas avoir une connaissance suffisante des autres acteurs impliqués sur le territoire. (source)

 

Comment repérer les violences au sein du couple ou de la famille ?

Toute la difficulté, pour les professionnels, consiste à repérer les signaux et à aborder la question avec les personnes ; un moyen d’y parvenir réside notamment dans la mise en place d’un environnement favorable. La HAS préconise d’abord d’inscrire les CHRS dans un réseau d’acteurs locaux mobilisés et sensibilisés aux questions de violences dans le couple et de dresser un état des lieux complet des ressources disponibles sur le territoire. La lutte contre les violences conjugales passe par l’inscription de ce thème au projet d’établissement, la création d’un protocole de repérage et de prise en charge des violences, et la formation de chacun des collaborateurs.

 

Quel accompagnement proposer à une victime au sein du CHRS ?

Quand une victime témoigne de violences conjugales, il y a d’abord urgence à agir. La première action à mener est de la mettre en sécurité (avec ses enfants si elle en a), en lui proposant un hébergement. Dans le même temps, il faut s’enquérir de sa situation personnelle : dans quelles conditions a-t-elle quitté le domicile ? Souhaite-t-elle porter plainte ? A-t-elle vu un médecin, collecté des preuves ? Après un accompagnement d’urgence indispensable, les actions s’inscrivent dans un temps plus long pour aider la personne à recouvrer sa santé, mentale et physique, et à retrouver sa pleine autonomie. Le rôle du professionnel du CHRS est alors d’apporter toutes les informations et l’écoute dont cette personne a besoin.

 

Si un enfant est concerné, comment l’aider ?

Qu’il en ait été victime directe ou non, les violences au sein du couple ont un impact sur l’enfant, qui doit, dès lors, être considéré comme covictime. Une évaluation de ses besoins spécifiques doit être menée et des réponses apportées. Aider l’enfant, c’est accompagner ses parents, les épauler pour qu’ils retrouvent leurs facultés pour l’élever. Mais avant tout, le rôle des professionnels des CHRS est d’apporter à cet enfant la sécurité, une écoute bienveillante et des soins, si nécessaire.

 

Que prévoit la loi contre les auteurs de violence ?

La qualité de partenaire ou d’ex-partenaire constitue une circonstance aggravante pour celui qui commet les violences, la présence de mineurs au moment des faits aussi. Le juge peut délivrer une ordonnance de protection avec expulsion du domicile pour le conjoint violent, lui interdire de rencontrer sa victime ou ses enfants et donner à la victime la possibilité de cacher son domicile. La mission des CHRS est de garantir l’accès aux droits de tous.

Par ailleurs, les recommandations abordent également l’accompagnement des auteurs de violences dans le but de prévenir la récidive. (cf. encadré)

 

Comment prévenir la récidive ?

La première réponse aux violences conjugales est judiciaire. Mais l’objectif principal est la prévention de la récidive. Chaque structure d’hébergement social devra identifier et articuler ses actions avec celles des autres acteurs de son territoire et notamment les acteurs judiciaires. Il conviendra ensuite de définir précisément le profil de l’auteur des violences afin de lui proposer la réponse la mieux adaptée. Ces comportements trouvent parfois leur cause dans un trouble de la santé mentale, une consommation excessive de substances psychoactives ou une attitude antisociale ou délinquante… Le CHRS a pour mission de construire avec l’auteur un projet d’accompagnement complémentaire à son parcours judiciaire, comprenant notamment un soutien à la parentalité.                                                           

 

Violences conjugales, les chiffres clés

  • 270 000 femmes de 18 à 75 ans se déclarent victimes de violences, physiques ou psychologiques sur deux ans et 120 000 hommes. 70 % d’entre elles subissent des violences sexuelles et physiques multiples ;
  • 1 femme décède tous les 3 jours, victime de son conjoint ou ex-conjoint ;
  • 145 000 enfants vivent dans un ménage où une femme adulte est victime de violences ;
  • En moyenne, une femme sur 4 porte plainte ou dépose une main courante quand elle est victime de violences ;
  • 35 % des CHRS généralistes déclarent également accueillir des victimes de violences. 70 % d’entre elles sont accompagnées d’enfants.
(source)

 

Article rédigé par Citizen press

________________

1. Au titre de l’article L.312-1,I,8° du code de l’action sociale et des familles.