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Médiation et interprétariat en santé pour favoriser l’accès aux soins

15.12.2017

Deux nouveaux référentiels de la HAS précisent le cadre d’intervention de la médiation en santé et de l’interprétariat linguistique. Reconnus depuis peu par la loi1, ces dispositifs visent à améliorer l’accès aux droits, à la prévention et aux soins des personnes éloignées des systèmes de prévention et de soins. L’éclairage du Dr Olivier Scemama, du service évaluation économique et santé publique à la HAS.

 

Quels patients peuvent bénéficier de la médiation et de l’interprétariat dans le domaine de la santé ? 

La médiation en santé concerne des populations qui présentent un ou plusieurs facteurs de vulnérabilité comme l’isolement géographique, familial ou social, un environnement juridique ou sanitaire défavorable, la précarité, l’illettrisme ou encore la méconnaissance du système de santé.
Pour l’interprétariat, les populations ciblées sont les patients qui ne parlent pas français ou ne maîtrisent pas bien cette langue. Les deux dispositifs sont inscrits depuis 2016 dans le Code de la santé publique2.

 

Quels sont les professionnels de santé concernés par l'utilisation de ces référentiels ? 

En premier lieu les professionnels de santé qui travaillent également comme médiateurs en santé. Au-delà, chaque professionnel, qu’il exerce en ville ou en établissement hospitalier, est concerné par la médiation en santé et par l’interprétariat. Des établissements de santé recourent déjà un peu partout en France à des services d’interprétariat linguistique. Ces mêmes services sont parfois accessibles aux médecins libéraux, notamment dans le cadre d’expérimentations locales. Le champ d’activité de la médiation en santé est également très large, en établissement de santé dans le cadre par exemple des permanences d’accès aux soins, mais pas seulement. Tous les professionnels de santé peuvent être amenés à rencontrer un médiateur en santé, qu’ils soient sollicités par lui ou aient sollicité son intervention.

 

Quels sont les enjeux de ces deux documents ?

L’enjeu des référentiels est de faciliter, pour les professionnels, le recours à la médiation en santé et à l’interprétariat, en définissant le cadre d’intervention, la formation, les compétences attendues et les bonnes pratiques au sein de ces deux dispositifs.

Le référentiel dédié à l’interprétariat précise par exemple comment et quand faire appel à un interprète professionnel. Dans l’idéal, il faudrait le faire pour tout patient qui ne parle pas ou mal français. Ce n’est malheureusement pas toujours possible. C’est pourquoi nous avons retenu un certain nombre de situations « prioritaires » : la consultation initiale, un changement du traitement, l’annonce d’un diagnostic grave, l’éducation thérapeutique...

Quant au médiateur en santé, il est essentiel que les professionnels de santé aient une bonne visibilité sur son action pour collaborer avec lui, de façon plus efficace. Le médiateur en santé se situe à l’interface entre un public de patients éloignés de la prévention et des soins et le professionnel de santé. Sa mission est de créer du lien. Son intervention s’inscrit sur un territoire précis, dans le cadre d’un réseau qui implique de nombreux acteurs. Trois grands principes déontologiques conditionnent son action : la confidentialité, le non-jugement et le respect de la volonté de la personne. Des principes qui s’appliquent également à l’interprète. 

 

26,5 % des assurés sociaux ont renoncé à des soins en 2016, souvent pour des motifs financiers, parfois à cause d’une méconnaissance des aides existantes, de délais trop importants pour obtenir un rendez-vous, d’un éloignement géographique ou de problèmes de mobilité.

Source : Odenore / Cnamts (juillet 2016)

 

Article rédigé par Citizen press

 

1. Loi de modernisation de notre système de santé n°2016-41 du 26 janvier 2016.
2. Article L1110-13 créé par l’article 90 de la loi n°2016-41.