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Grossesse de localisation inhabituelle : à repérer précocement

04.12.2017
Mots clés : 

Le Collège français d’échographie fœtale (CFEF) a élaboré une solution pour la sécurité du patient « grossesse de localisation inhabituelle : conduite à tenir devant la visualisation ou la non visualisation d’un sac ovulaire avec embryon ou vésicule vitelline ». Ce travail est le fruit des enseignements de l’analyse approfondie des évènements indésirables associés aux soins (EIAS) survenus lors d’examens d’échographies et déclarés dans la base de retours d’expériences du dispositif d’accréditation (REX-HAS) de 2007 à 2014.

Les grossesses de localisation inhabituelle peuvent engendrer des complications graves, voire mortelles. La plus fréquente est la grossesse extra-utérine dont la prévalence est de 16 000 cas par an en France. Sa complication la plus redoutée est la survenue brutale d’un hémopéritoine majeur. Or une surveillance et une prise en charge plus précoces pourraient avoir des effets bénéfiques sur la morbidité maternelle et la préservation de la fertilité ultérieure. Il est donc apparu important de repréciser les critères échographiques permettant de suspecter les grossesses de localisation inhabituelle.

La solution pour la sécurité du patient « grossesse de localisation inhabituelle : conduite à tenir devant la visualisation ou la non visualisation d’un sac ovulaire avec embryon ou vésicule vitelline » est un outil pratique à destination de tous professionnels amenés à réaliser des échographies fœtales. Ses objectifs sont de renforcer les mesures de prévention et de permettre d’annuler les complications ou de réduire leur impact. Il concerne toute patiente consultant pour des douleurs pelviennes ou des métrorragies dans un contexte de grossesse connue, méconnue ou suspectée. Le diagnostic de grossesse de localisation incertaine doit alors être évoqué et il convient, au moindre doute, de compléter l’examen échographique par un examen clinique et un dosage plasmatique de bêta HCG au plus tard dans les 48 heures.

La démarche proposée par cette solution pour la sécurité du patient est préventive et diagnostique. Elle repose sur des actions organisationnelles, techniques et humaines décrites dans un arbre décisionnel et met l’accent sur les alertes échographiques incontournables. Elle doit s’appliquer en tenant compte de chaque patiente, tout en s’articulant autour du questionnement suivant : « Y a-t-il visualisation d’un sac ovulaire avec embryon ou vésicule vitelline ? ».

  

Repérer précocement pour limiter les risques

Le repérage précoce des grossesses de localisation incertaine ou inhabituelle permet de prendre des mesures préventives et d’informer la patiente sur l’incertitude de l’évolution de sa grossesse et la nécessité de consulter en urgence en cas de douleur ou de saignement. Il permet également le transfert éventuel vers un plateau technique doté d’une plateforme d’embolisation et d’un accès à l’IRM. A contrario, en cas de diagnostic tardif, voire d’absence de diagnostic, il ne sera plus possible de recourir à un traitement médical. Cela va également entraîner une absence d’anticipation et la survenue de complications majeures telles qu’une intervention chirurgicale en urgence avec un risque de choc hémodynamique brutal pouvant entraîner le décès, ou une salpingectomie avec risque de répercussion sur la fertilité ultérieure.

 

Article rédigé par Sabine Marette – HAS