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Tendinopathies de l’arrière-pied

07.11.2016

Point de vue du Dr Bruno Ferré, président de l’Association française de chirurgie du pied (AFCP)

Les tendinopathies de l’arrière pied sont des pathologies fréquentes, très souvent méconnues, entrainant trop fréquemment des conséquences graves sur l’architecture du pied et sur sa dynamique.

Le pied est la partie du corps en contact avec le sol chargé de produire les forces qui vont mouvoir l’individu. Il faut pour cela que le pied s’adapte à toutes formes de terrains avant de se rigidifier pour supporter ces forces sans se déformer. Cette plasticité du pied n’est rendue possible que par la stabilisation dynamique de son architecture grâce, entres autres, à l’action des tendons issus des muscles de la jambe (muscles extrinsèques). Les muscles stabilisateurs les plus puissants fonctionnent comme des câbles dans leurs gaines (deux fibulaires, fléchisseur de l’hallux, fléchisseur des orteils et tibial postérieur). Ils agissent indirectement sur les os comme des cordes sur des poulies au niveau de leurs zones de réflexion, et directement par leurs insertions distales. Les muscles antérieurs, (extenseur des orteils, extenseur de l’hallux, tibial antérieur et troisième fibulaire), ont une action directe par leurs insertions distales ainsi qu’une forte action indirecte sur l’arrière pied par action sur le rétinaculum sous lequel ils passent. Enfin le tendon d’Achille qui n’a qu’une action directe, présente une pathologie qui lui est propre tant au niveau de son tendon que de son insertion (enthésite).

La nutrition et la lubrification des tendons sont assurées par une fine membrane synoviale qui entoure le tendon et qui se situe entre lui et sa gaine. Au niveau des tendons latéraux, médiaux et antérieur, une hyperutilisation peut entrainer une inflammation de cette gaine synoviale qui entraine des douleurs autour de la cheville à la marche et à la course. Non reconnue ces synovites continuent d’évoluer jusqu’à entrainer le blocage du tendon dans sa gaine par un phénomène mécanique et structuraux. Il en résulte parfois, après une évolution de plusieurs mois une rupture du ou des tendons qui désorganise totalement le pied jusqu’à une déstructuration complète qui ne peut être traitée que par un blocage des articulations que les tendons ne contrôlent plus (arthrodèse).

En conclusion, il est essentiel de dépister dès le début les tendinites autour du pied et de la cheville en s’aidant au moindre doute d’une échographie qui est l’examen de référence. Des traitements simples (repos, rééducation excentrique, glaçage) permettent au début de les guérir en quelques semaines. A contrario, une prise en charge inadaptée, amène très souvent à des lésions irréversibles qui peuvent compromettre l’autonomie de personnes âgées et qui ne peuvent être corrigées que par des interventions lourdes.

Le 8 novembre 2016
Dr Bruno Ferré - Président de l’Association française de chirurgie du pied (AFCP)

Déclaration d'intérêts
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