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Personnes âgées en institution : réduire les hospitalisations non programmées

27.11.2015

La HAS, en collaboration avec l’Anesm, a réalisé une fiche points clés intitulée « Comment réduire les hospitalisations non programmées des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ». Objectif : aider les Ehpad à réduire les transferts des résidents vers les services des urgences. Explications du Dr Albert Scémama*, du service maladies chroniques et dispositifs d'accompagnement des malades à la HAS. 

 

Un enjeu majeur ?

Les hospitalisations non programmées des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont fréquentes et, pour certaines, inappropriées ou évitables. Elles peuvent avoir un impact négatif chez ces patients souvent fragiles ou dépendants et favorisent leur déclin fonctionnel ou cognitif.  
La fiche points clés décrit les interventions efficaces, en termes d’organisation et de moyens, pour réduire les transferts des résidents des Ehpad vers les services d’urgences (SU).
Ces interventions utilisent quatre leviers : 
   • améliorer la qualité des soins en Ehpad ;
   • agir sur les causes les plus fréquentes d’hospitalisations non programmées ;
   • optimiser les ressources internes ;
   • renforcer les ressources externes.

Un prérequis : déployer une démarche d’amélioration continue de la qualité autour des urgences

Cette démarche débute par un état des lieux des hospitalisations non programmées, une analyse de leurs causes et une évaluation des organisations de l’Ehpad et des ressources internes et externes mobilisables. A partir de ces éléments, des interventions d’amélioration sont choisies et priorisées. On commence par un ou deux objectifs réalistes. On assure le suivi avec des indicateurs et une analyse des retours d’expériences, partagés en réunions pluriprofessionnelles. Et on s’appuie sur les succès pour mobiliser les équipes et poursuivre avec d’autres objectifs.

Levier 1 : « Améliorer la qualité des soins en Ehpad »

Ce levier comprend : l’amélioration de la gestion des urgences en Ehpad, la vaccination antigrippale, la réduction des hospitalisations liées aux pneumopathies et l’augmentation des soins palliatifs en Ehpad.

L’amélioration de la gestion des urgences en Ehpad, est une intervention prioritaire qui conditionne le succès des autres stratégies. Elle nécessite, entre autre, de s’assurer de la permanence des soins 24 h / 24 et/ou d’une régulation par le Samu centre 15, de mettre en place les dossiers de liaison d’urgence (DLU) et de former les soignants à la gestion des urgences.

Levier 2 : « Agir sur les causes fréquentes d’hospitalisations non programmées en Ehpad »

Les chutes et la iatrogénie liée aux médicaments sont les causes les plus fréquentes d’hospitalisations non programmées. Des politiques de réduction du risque doivent être mises en place dans l’Ehpad ciblant ces deux causes, avec pour la réduction des chutes : la supplémentation en vitamine D, les interventions « multifactorielles » de prévention des chutes et la promotion de l’activité physique.

Levier 3 : « Optimiser les ressources internes de l’Ehpad »

Il comprend deux types d’intervention : l’augmentation des capacités en soins de l’Ehpad (perfusion intraveineuse, sutures cutanées, sondes urinaires…), et le renforcement des ressources soignantes de l’Ehpad (optimisation des plannings, formation des soignants ou augmentation du temps-soignant sur objectif).

Levier 4 : « Renforcer les ressources externes de l’Ehpad » 

L’Ehpad doit nouer des partenariats opérationnels avec les acteurs de soins du secteur pour développer ou renforcer dans l’Ehpad l’expertise gériatrique, l’expertise en soins palliatifs, la télémédecine et l’hospitalisation à domicile.

* Propos recueillis par l'agence Citizen press