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Urétrites et cervicites : une prise en charge étendue aux partenaires sexuels

23.10.2018

Fin 2015, la HAS a réalisé une fiche mémo sur la stratégie diagnostique et thérapeutique de prise en charge des urétrites et cervicites non compliquées. Objectif ? Face à l’augmentation de la résistance aux antibiotiques, fournir une aide pour une prescription adaptée de ces médicaments. Explications du Dr Muriel Dhénain*, du service des bonnes pratiques professionnelles de la HAS.

 

L'urétrite et la cervicite sont des inflammations de l'urètre et du col de l'utérus généralement d'origine infectieuse. Les bactéries les plus souvent isolées, en France, pour ces infections sexuellement transmissibles, sont Neisseria gonorrhoeae (gonocoques) et Chlamydia trachomatis, seules ou associées dans de nombreux cas.

L'infection génitale à gonocoques est habituellement non compliquée. Cependant, elle peut être à l'origine de complications graves et faciliter la transmission du VIH.

 

Quels sont les signes évocateurs d’une urétrite et d’une cervicite non compliquées ?

Les signes évocateurs d’une infection génitale basse sont :

  • chez l'homme : un écoulement urétral, une dysurie, des brûlures mictionnelles ;
  • chez la femme : des leucorrhées, une dysurie, une dyspareunie.

Des atteintes extra-génitales non compliquées, pharyngées ou ano-rectales, peuvent être associées à une urétrite ou une cervicite.

 

Quel est le traitement préconisé ?

Toute suspicion d’urétrite ou de cervicite doit être confirmée par un examen microbiologique recherchant la présence de N. gonorrhoeae et de C. trachomatis. Si la culture est positive à N. gonorrhoeae un antibiogramme est indispensable. Un traitement antibiotique est mis en œuvre aussitôt après le prélèvement.
Le traitement recommandé associe un traitement anti-gonococcique par ceftriaxone 500 mg en une injection IM et un traitement anti-chlamydia par azythromycine 1 g per os en prise unique ou doxycycline 200 mg par jour en deux prises per os pendant 7 jours.

 

Quid de la prise en charge des partenaires sexuels du patient ?

La prise en charge est étendue aux partenaires sexuels du patient. Il est primordial d'informer le patient des risques de recontamination justifiant de prévenir ses partenaires récents (2 mois précédents les premiers symptômes). L'examen, le dépistage et le traitement des partenaires récents sont indispensables.

 

Quelles mesures de prévention le patient doit-il mettre en place ensuite ?

L'utilisation de préservatifs est essentielle. Les rapports doivent être protégés durant les 7 jours qui suivent un traitement en dose unique ou jusqu'à la fin d'un traitement en plusieurs prises, et jusqu'à la disparition des symptômes.

De façon générale, il est recommandé que le médecin préconise l'utilisation de préservatifs avec tout partenaire occasionnel ou inconnu, quels que soient les pratiques sexuelles et le type de rapports. 


Stratégie de prise en charge des urétrites
et cervicites non compliquées

 

1. Symptomatologie

Devant tout signe clinique évocateur d’infection génitale basse, rechercher :
– chez l’homme : écoulement urétral, dysurie, brûlures mictionnelles ;
– chez la femme : leucorrhées, dysurie, dyspareunie.

2. Diagnostic

– Prélèvements bactériologiques pour examen direct et culture (1er jet urinaire, écoulement urétral, gorge, cervico-vaginal).

3. Traitement

– Associe traitement anti-gonococcique : ceftriaxone 500 mg en une injection IM unique et traitement anti-chlamydia : azithromycine 1 g par voie orale (en prise unique) ou doxycycline 200 mg/jour (2 prises voie orale pendant 7 jours).

4. Autres mesures

– Informer les patients des risques de recontamination, justifiant de prévenir leur(s) partenaire(s) récent(s) (2 mois précédents les premiers symptômes).
– Examen, diagnostic, et traitement des partenaires récents indispensables.
– Sérologies (syphilis, infection à VIH, hépatites), tenir compte des délais de séroconversion.
– Vaccination contre hépatite B à proposer à tout patient non immunisé.
– Préconiser des rapports protégés.

5. Consultations de suivi

– à 3 jours, si les symptômes persistent.
– à 7 jours, consultation systématique de contrôle.


 * Propos recueillis par Arielle Fontaine – HAS

 

 

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Article publié le 18/11/2015 – Mis à jour le 23/10/2018