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Luxation congénitale de la hanche

16.10.2015

Quoi de neuf en 2015 dans le dépistage de la luxation congénitale de la hanche (LCH) ?

Le dépistage clinique de la luxation congénitale de la hanche (LCH) fait partie des dépistages obligatoires à la naissance puis à la sortie de la maternité, et jusqu’à l’âge de la marche. L’incidence en France est d’environ 6 LCH pour 1000 naissances. C’est un problème de santé publique pour toutes les régions françaises. Un dépistage clinique et échographique de qualité est la seule façon  d’éradiquer les diagnostics tardifs de LCH encore trop fréquents en France. Le diagnostic de LCH doit être établi le plus tôt possible au mieux avant la fin du 2e mois.Il a été montré qu’ainsi la prise en charge en était simplifiée, limitant le recours à un traitement lourd et le risque de séquelles.

Selon les recommandations HAS d’octobre 2013 (résultant de travaux menés conjointement par la SFIPP, la AFPA et la Sofop) tout nouveau-né ayant un examen clinique anormal à la sortie de la maternité doit être rapidement référé à un centre spécialisé pour avis. Quand l’examen clinique est normal, les nourrissons identifiés comme présentant un facteur de risque bénéficient d’une échographie de dépistage à l’âge de 1 mois. Les facteurs de risque retenus à ce jour sont : la présentation du siège, les antécédents familiaux de 1er degré et les anomalies orthopédiques signant le syndrome postural (torticolis, genu recurvatum). Toutes les séries de la littérature montrent que le sex-ratio de la LCH est extrêmement défavorable au genre féminin puisqu’il est de 9 filles pour 1 garçon. C’est pourquoi une attention toute particulière doit être portée à l’examen clinique des filles  en sachant qu’environ 60 à 70 % des enfants porteurs de LCH n’ont pas de facteurs de risque. Le recours à l’échographie de dépistage doit être large chez les filles, bien que le sexe féminin ne soit pas actuellement en France classé dans les facteurs de risque induisant un dépistage échographique.

En cas d’examen clinique normal à la maternité, l’échographie à la fin du 1er mois en cas de facteur de risque ou de situation clinique douteuse peut être réalisée par un radiologue généraliste formé à l’échographie de dépistage en utilisant la méthode Couture-Tréguier qui est robuste et performante. L’enfant est en décubitus dorsal, la cuisse maintenue en flexion-adduction forcée c’est-à-dire en position luxante. On mesure sur une coupe frontale la distance entre la tête fémorale et le noyau pubien en avant, appelée FC par les promoteurs de la méthode ou fond de cotyle. Le point d’ossification pubien apparaît sous la forme d’un accent circonflexe hyperéchogène.

Le critère retenu pour déclarer l’échographie anormale et référer  l’enfant à un centre spécialisé est une distance FC supérieure à 6 mm ou une différence de plus 1,5 mm entre les deux hanches. Lors de la consultation spécialisée, l’échographie sera renouvelée par un échographiste expert qui conclura soit à une luxation congénitale de la hanche, soit à un bassin asymétrique congénital ou à un cartilage pubien épais qui  est un variant non pathologique. En fonction de son examen clinique et des résultats de l’imagerie, le  chirurgien définira la prise en charge adéquate : simple surveillance ou mise en œuvre d’un traitement.

Au-delà de 4 mois, l’imagerie, lorsqu’elle est indiquée n’est plus l’échographie mais une radiographie du bassin.

 

Le 16 octobre 2015
Dr Laurence Mainard-Simard – Service de Radiologie – Hôpital d’Enfants – Vandœuvre Les Nancy

Déclaration d'intérêts
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Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

 


DPC sur la pratique de l’échographie

L’instabilité de la hanche à la naissance est une situation clinique fréquente allant de 0,4/1000 chez les africains à 61,7/1000 chez les caucasiens, qui disparaît spontanément dans la majorité des cas avant la fin du premier mois de vie.

Depuis la conférence de consensus de 1991, la place de l’échographie est bien établie dans le dépistage de la luxation congénitale de la hanche (LCH) en France. Malgré cette conférence, les études menées par la Sofop montrent une augmentation du diagnostic de LCH après l’âge de 1 an. De même, dans une enquête réalisée en mai 2013 auprès des membres de la  Société française de radiologie  (5 393 radiologues, 828 réponses) montre que 70 % de leurs correspondants demandent encore une radiographie de bassin systématiquement à 4 mois chez tous les nourrissons ayant des facteurs de risque alors qu’elle n’était proposée que comme une technique de rattrapage.

La HAS, avec les sociétés savantes concernées, ont remis à jour en 2014 les recommandations pour le dépistage dela LCH. Dans ce contexte, il est apparu important à la Société francophone d'imagerie pédiatrique et prénatale (SFIPP) et à la Société française de radiologie (SFR) de proposer un développement professionnel continu (DPC) sur la pratique de l’échographie dans le dépistage de la LCH.

Deux principales méthodes échographiques existent :
- la première est morphologique décrite par R. Graf dès 1980 s’intéresse à la conséquence de la LCH c’est-à-dire le défaut de modelage du cotyle ;
- autre décrite par A.Couture en 2006 puis précisée et testée  en Ille-et-Vilaine par Catherine Tréguier dite « monocoupe dynamique » étudie le positionnement de la tête fémorale dans le cotyle. Cette technique est reproductible et  fiable quels que soient le niveau d’expertise et la pratique de l’échographiste.
Le but de ce DPC est d’améliorer le dépistage échographique de la luxation congénitale de la hanche par la maîtrise  d’une technique échographique simple et robuste.

 

Le 17/10/2014
Pr Hubert Ducou Le Pointe

Déclaration d'intérêts
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