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Check-list au bloc opératoire

22.10.2015

Mise en place en 2010, le remplissage de la check-list est devenu systématique : points de vue des professionnels

Sections

Check-list au bloc opératoire, EIG et travail en équipe

Depuis sa mise en place en janvier 2010 et grâce au développement de l’informatisation des blocs opératoires, et peut-être aussi  par  la pression assurantielle, le remplissage de la check-list « sécurité du patient au bloc opératoire » (CLBO) est devenu systématique et exhaustif.

Du  terrain il ressort qu’il est parfois difficile de réunir l’ensemble de l’équipe au moment du temps de pause autour du patient réveillé et que la décision concertée en cas de non-conformité n’est pas toujours tracée. Le travail des médecins sur plusieurs salles d’opération n’aide pas au respect de ce temps de pause pluriprofessionnel.
L’étude rétrospective des sinistres pour la prévention des risques opératoires (Espri), réalisée par Sham, le Ceppral et la HAS, en  2015, montre  que le pourcentage d’événements qui auraient pu être évités par l’utilisation de la check-list chirurgicale HAS s’élève à 14 % et à 18 % par l’utilisation de la check-list High 5s. Le facteur humain reste le plus souvent en cause avec un facteur contributif lié à la communication dans 22 % des cas.

Une étude sur les causes d’événements porteurs de risque (EPR) au sein des équipes monodisciplinaires en anesthésie-réanimation a été réalisée par le cabinet Branchet. Considérant le dommage comme  un événement indésirable grave, ces cas ont été analysés avec la même méthodologie que les EPR du programme d’accréditation en anesthésie réanimation au sein du collège français des anesthésistes-réanimateurs (Cfar). Il en ressort que le défaut d’organisation  au sein de l’équipe  constitue un facteur de risque important. Ces facteurs de risque liés à l’équipe (38%) et à l’organisation (44 %) peuvent être améliorés par une meilleure communication et la mise en place de protocoles de répartition des tâches entre les médecins concernés.

Les organismes agréés pour l’accréditation (OAA), la HAS et les sociétés savantes travaillent actuellement aux stratégies à développer pour améliorer  la qualité de la prise en charge des soins périopératoires. La qualité des soins au bloc opératoire est la résultante du travail de tous les acteurs de ce secteur.

La notion de travail en équipe est une priorité déclinée par les OAA dans le cadre de l’accréditation en équipe monodisciplinaire et par la HAS par les programmes d’amélioration continue du travail en équipe (Pacte), actuellement en phase pilote. A terme, ce partenariat HAS/OAA pourra évoluer vers des programmes d’accréditation en équipes pluridisciplinaires et pluriprofessionnelles.

Le 22 octobre 2015
Dr Pierre Pérucho – Médecin anesthésiste, coordonnateur de la gestion des
risques associés aux soins – Centre hospitalier de Perpignan

Déclaration d'intérêts
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Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

Entretien avec le Dr Pierre Perucho

Après un an de mise en place de la check-list  « sécurité du patient au bloc opératoire » (CLBO) un groupe de travail CLBO a été mis en place par le CFAR avec deux objectifs : faire un état des lieux sur le déploiement de la CLBO et proposer un programme d’EPP sur ce thème.
Ce groupe de travail créé en fin d’année 2010 réunissait des membres du Comité Maîtrise des Risques de la SFAR et des membres de la commission EPP du CFAR.
Plusieurs établissements CHU et non CHU avaient déjà évalué le déploiement de la check-list et travaillé sur l’évaluation quantitative et qualitative de la CLBO. Plusieurs éléments étaient mis en évidence :
- l’informatisation de la CLBO est un facteur améliorant l’exhaustivité de son remplissage ;
- le partage de l’information ne se fait pas toujours en présence de tous les acteurs au même moment, le « time out » est difficile à mettre en place notamment lors de rotations rapides sur plusieurs salles ;
- l’IDE qui réalise la saisie se sent responsable à titre personnel ;
- la prise de décision de poursuivre après une réponse négative n’est pas toujours tracée ;
- l’utilité de la CLBO dans la prévention des évènements indésirables.
A la suite de ce travail, le CFAR propose une évaluation à plusieurs niveaux allant du simple aspect quantitatif à la qualité du remplissage et jusqu’à la culture sécurité impulsée par la CLBO.
Ce projet est transmis à la HAS, une réunion du groupe CLBO de la HAS  est organisée début mars 2011 et une proposition d’évaluation de la CLBO est définie mi juin 2011 avec 4 niveaux, allant du simple aspect quantitatif du remplissage à l’étude d’impact sur la qualité de la prise en charge des patients. Ces 4 niveaux préfigurent peut-être des niveaux d’indicateurs de suivi de la CLBO.

Le 21 septembre 2011
Dr Pierre Pérucho – Médecin anesthésiste, coordonnateur de la gestion des
risques associés aux soins – Centre hospitalier de Perpignan

Déclaration d'intérêts
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Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

La check-list opératoire : un exemple de coopération entre la HAS et les organismes agréés

Le bloc opératoire est apparu comme un modèle évident où le risque est permanent et présent à haut niveau et où une meilleure coopération entre les acteurs peut réduire la morbidité, voire la mortalité. Le modèle de la check-list, initié par l’OMS et repris en France par la HAS, est probablement la première action d’envergure pour développer la compréhension et l’application de ce concept de « sécurité globale ». La HAS a servi de promoteur du projet et de médiateur entre les différents corps de métier et spécialités qui exercent au bloc opératoire pour parvenir tout d’abord à la réalisation d’un document commun, applicable à l’échelon national, puis très vite à son application universelle, c’est-à-dire pour tous les actes opératoires.
L’anesthésie-réanimation a été considérée comme un partenaire important, tant par sa place évidente au sein des activités du bloc opératoire que par son expérience en matière de réduction du risque. La spécialité a participé activement au groupe de travail avec des propositions d’évolution de la check-list elle-même, et un engagement dans la réflexion sur les moyens d’évaluation de la pénétration de son emploi dans les blocs opératoires ou de mesure de l’impact de sa mise en œuvre.
La combinaison d’actions qualité représentée par cette check-list, est probablement un facteur de potentialisation de la qualité générale des soins, car il semble que la mise en œuvre d’une action retentit positivement sur les autres pratiques. Surtout peut-être, une telle check-list pourrait devenir le symbole d’une communication améliorée entre les membres de l’équipe opératoire et pourrait renforcer et homogénéiser la culture de sécurité, qui représente le cœur du changement.
En nous aidant à partager nos expériences et nos points de vue autour de ce thème fédérateur, la HAS est le moteur du changement et nous guide vers cette nouvelle étape de l’ambitieux et indispensable processus de maîtrise du risque péri-opératoire.

Pr Dan Benhamou – Société française d’anesthésie-réanimation – Département Anesthésie-réanimation – CHU Bicêtre

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