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Réseaux en rhumatologie

06.12.2011

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  • Entretien avec le Dr Jean-Philippe Sanchez – Rhumatologue libéral
  • Entretien avec le Dr Pierre Monod – Rhumatologue libéral
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    Entretien avec le Dr Jean-Philippe Sanchez – Rhumatologue libéral

     

    Les réseaux en rhumatologie ont pour la plupart fait long feu pour des raisons diverses. Les difficultés de financement et les lourdeurs de gestion administrative en sont les principales. La publication des recommandations sur les rhumatismes inflammatoires en est une autre de manière indirecte, car en fixant un cadre, le recours au réseau pour sécuriser une prescription de biothérapie devient caduque dans la plupart des cas, bien que certains patients ne puissent relever de recommandations standardisées inadaptées aux cas particuliers. Le réseau rhumatismes inflammatoires en Aquitaine n’a pas fait exception à la règle et seul, un carré d’irréductibles continue la mission sacrée sans l’aide du support institutionnel. Cette expérience commune a tout de même permis de réunir la très grande majorité des médecins rhumatologues de toute une région, fédérant ainsi la région Aquitaine autour d’un objectif d’amélioration de la prescription des biothérapies et du parcours du patient entre la ville et l’hôpital entrainant de substantielles économies de santé.

    La justification essentielle du réseau aquitaine est la suivante. Il est un fait que la disponibilité uniquement hospitalière des biothérapies intraveineuses réduit le champ de prescription aux seuls rhumatologues hospitaliers. L’autorisation de mise sur le marché (AMM) des biothérapies ambulatoires à prescription initiale hospitalière et à renouvellement annuel hospitalier, leur mode d’utilisation en sous-cutané et surtout la disponibilité de ces produits en pharmacie de ville, a entrainé un élargissement du nombre de prescripteurs et d’utilisateurs libéraux de cette classe thérapeutique. Ces biothérapies justifient de nouvelles formes de suivi des patients à travers une coopération renforcée ville-hôpital difficiles à mettre en œuvre. Il nous a semblé ainsi capital d’entourer ce développement de l’utilisation des biothérapies en médecine libérale de ville par des actions de formation et d’évaluation des pratiques professionnelles, pour une future utilisation optimale de celles-ci à travers le réseau de rhumatologues. De nombreuses formations continues ont été ainsi proposées aux médecins rhumatologues libéraux d’Aquitaine et continuent de l’être sous la houlette du Pr Thierry Schaeverbeke. L’important était aussi de mettre sur pied un programme évaluant la qualité de la pratique « en routine sur le terrain ». Ainsi, le réseau peut participer au développement professionnel continu (DPC) de ces membres et la mission est accomplie.
    Les bouleversements législatifs et les retards successifs de parution des décrets de loi ont eu pour effet d’entrainer une incertitude dommageable à l’appropriation complète par les membres du réseau de ce fameux DPC. De nouveaux outils, en particulier de télémédecine seront aussi à mettre en œuvre de manière à travailler sur l’ensemble de l’étendue du territoire de santé.

    Décembre 2011
    Dr Jean-Philippe Sanchez – Rhumatologue libéral - Pau

    Déclaration d'intérêts
    Consultezla déclaration publique d'intérêts du Dr Jean-Philippe Sanchez

    Les propos tenus dans cet article sont sous l'entière responsabilité de leurs auteurs.

     


    Entretien avec le Dr Pierre Monod – Rhumatologue libéral

    Les rhumatologues ont compris très tôt l’intérêt des réseaux : regroupement et échanges des connaissances, dossier médical défini en commun, accès facilité aux nouvelles technologies et traitements. Tout naturellement avec la diffusion de l’internet et le développement des biothérapies, l’isolement du rhumatologue de terrain  n’était plus un handicap : qu’importe le lieu de la prise en charge, c’est la qualité de cette prise en charge qui compte.
    Sur le modèle de la cancérologie, nous avons imaginé un modèle de partage de l’information et donc de la décision thérapeutique. Nous avons été sans doute trop ambitieux, peut-être par une prise en compte insuffisante des préoccupations des rhumatologues de terrain.

    Le réseau est une vraie réponse à la problématique de l’accès au soin, à la désertification médicale : si la période actuelle incite à porter un regard mitigé, les conditions de réussite des nouveaux réseaux apparaissent plus claires.
    Plusieurs conditions sont identifiées et doivent être rapidement remplies. Il en va de la survie de nombre de réseaux et les responsabilités sont partagées.
    Les pouvoirs publics en premier lieu, et les avatars du développement professionnel continu (DPC), intelligente synthèse de la formation médicale continue (FMC) et de l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP) sont un parfait exemple du temps perdu :  quoi de plus logique que de définir en commun le contenu d’un dossier de polyarthrite rhumatoïde, de vérifier que l’on rempli correctement les items d’un bilan pré-biothérapie - c’est de l’EPP - et de définir les pistes d’amélioration - c’est de la FMC ?
     Ainsi « décomplexée », la roue de Deming est en marche et au-delà de la validation de points, recertification, accréditation - on aime bien labelliser-, le cercle vertueux de la démarche qualité est mis en perspective. A la condition qu’il y ait au-delà de l’obligation légale, un avenir valorisant pour le rhumatologue « lambda » : l’appartenance à un réseau et l’acceptation des règles du jeu permet une prise en charge complète du patient, y compris la prescription de biothérapies.

    Les responsables professionnels que nous sommes ont aussi leur part de responsabilité : passé l’engouement initial, nous n’avons pas su imaginer des réponses à la question récurrente de nos collègues de terrain : qu’est-ce que cela m’apporte (au plan professionnel et non pécuniaire, là n’est pas le débat)?
    Les réseaux sont une forme de réponse à l’exercice de demain ; les expériences actuelles permettront de ne pas partir de rien ; une vraie politique de confiance dans la démarche qualité dépassera  les obstacles actuels et donnera un nouveau souffle aux réseaux en leur assurant la pérennité. Les défis de la démographie, tant numériques que dans les modes d’exercice, et la formidable explosion de  la rhumatologie du vingt et unième siècle sont nos vrais atouts.
    Que les pouvoirs publics mettent fin à plus de dix ans de tergiversations, à la communauté rhumatologique de relever ces défis !

     

    Décembre 2011
    Dr Pierre Monod – Rhumatologue libéral - Castelnaudary

    Déclaration d'intérêts
    Consulter la déclaration publique d'intérêts du Dr Pierre Monod

    Les propos tenus dans cet article sont sous l'entière responsabilité de leurs auteurs.

     

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