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Le référentiel métier de rhumatologie

06.12.2011

En 2010, la Commission nationale de l’internat et du post-internat (CNIPI) a demandé à chacune des disciplines et spécialités médicales de rédiger un « référentiel métier ». La CNIPI, créée en octobre 2009, a pour objectif principal « de mieux répartir l’offre de soins sur le territoire, dès les études médicales, et d’apporter ainsi une solution efficace au problème de la démographie médicale » selon Roselyne Bachelot-Narquin, ex-ministre de la santé et des sports. Pour agir sur la répartition territoriale des effectifs médicaux, trois leviers sont envisagés : le numerus clausus, la filiarisation des DES et l’offre de postes hospitaliers ou hospitalo-universitaires après l’internat.


En mai 2010, le Collège français des enseignants en rhumatologie (COFER) a été auditionné par la CNIPI et a fait des propositions de modifications de la maquette du « DES » de rhumatologie : augmentation de 4 à 5 du nombre de stages (semestres) à effectuer obligatoirement en rhumatologie (à défaut, pour des raisons budgétaires, d’un allongement de la durée de l’internat de 4 à 5 ans) ; le 5e stage de rhumatologie devra être un stage pratique avec apprentissage des prises de responsabilité (consultations, échographie, osteodensitométrie, rhumatologie interventionnelle…) ; création d’un DESC d’onco-rhumatologie et d’un DESC de rhumatologie pédiatrique commun avec les pédiatres. Le président du groupe de travail de la CNIPI a souligné que ces modifications de la maquette du DES ne seraient envisagées qu’en accord avec le contenu d’un référentiel métier du rhumatologue. Or, la rhumatologie ne disposait que d’un référentiel de connaissances au travers des 17 unités de valeur du programme du COFER pour le DES de rhumatologie rassemblant des objectifs théoriques et pratiques.

Il était évident que pour la rhumatologie, le Collège français des médecins rhumatologues (CFMR) devait être le maître d’œuvre de la rédaction du référentiel, car il en représente toutes les composantes. Philippe Orcel, président du CFMR, a donc constitué un groupe de travail qui s’est engagé dans la rédaction du référentiel en se basant sur le modèle du référentiel des spécialités chirurgicales organisé en deux parties. Dans la première partie, quelques situations cliniques types résument les connaissances et les compétences nécessaires à l’exercice de la spécialité. Ces connaissances et ces compétences sont ensuite listées dans la seconde partie du référentiel. Dans un premier temps, le groupe de travail a donc isolé 7 situations cliniques types : rhumatisme inflammatoire débutant, mise en place et surveillance d’une biothérapie, épanchement articulaire aigu, épaule douloureuse, lomboradiculalgie persistante, gonarthrose, syndrome fracturaire vertébral récent. Ensuite, lors de la journée nationale du COFER du 3 septembre 2010, ces 7 situations types ont été rédigées en atelier. Puis un groupe de travail restreint a été constitué au sein du CFMR afin de finaliser la rédaction de ces situations types selon un protocole et un plan standardisés.
Pour la rédaction de la seconde partie du référentiel listant les connaissances et compétences à acquérir au cours de la formation du rhumatologue, le groupe de travail s’est appuyé sur la liste des compétences établie par le Conseil européen de rhumatologie appartenant à l’Union européenne des médecins spécialistes (UEMS), et sur la liste des 17 unités de valeur du COFER.
Pour finir, le projet de référentiel a été envoyé par Philippe Orcel à toutes les composantes du CFMR afin qu’il puisse circuler parmi les membres pour validation finale. C’est ce texte validé qui a été adressé à la CNIPI et qui est téléchargeable sur le site du COFER (www.lecofer.org) à la rubrique « textes officiels ».
Si la rhumatologie, et en particulier le COFER, se devait de répondre "en urgence" à la demande de la CNIPI, il convient cependant de considérer ce premier travail comme un « premier pas » vers la rédaction d’un référentiel métier plus élaboré. A nouveau, le CFMR doit être le maître d'œuvre d'un tel projet. C'est également l'opinion de Philippe Orcel et du conseil d'administration du CFMR.

Décembre 2011
Pr Christian Marcelli - Président du Collège français des enseignants en rhumatologie (COFER) -
Service de rhumatologie - CHU Caen

Déclaration d'intérêts
Consultez la déclaration publique d'intérêts du Pr Christian Marcelli

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