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Le point sur le dépistage de la LCH

Web page - Posted on Nov 07 2014 - Updated on Jun 12 2019

Explications de Pr Remi Kohler

Le dépistage de la luxation congénitale de la hanche s’impose pour établir un diagnostic aussi précoce que possible, gage d’un traitement également précoce et donc léger (méthode ambulatoire). Ce sujet a fait l’objet de plusieurs mises au point ces dernières années, suite à la constatation de défaillances dans sa pratique, assorties d’une recrudescence des diagnostics tardifs, parfois après l’âge de la marche.

Une fiche mémo, établie par la HAS et la Sofcot, a été publiée en décembre 2013.

LCH FicheMemo 

Luxation congénitale de la hanche : Dépistage - Fiche mémo HAS – Page 3

Ce dépistage doit s’appuyer sur un examen clinique systématique, renouvelé tout au long des visites de la première année (et pas seulement à la naissance). Il sera parfois complété par un examen échographique des hanches à un mois, dans certaines situations douteuses ou en présence de facteurs de risque.
Ces travaux ont été poursuivis en 2014-2015, bénéficiant des contributions des acteurs principaux issus des sociétés savantes suivantes :

  • pédiatrique (Afpa) ;
  • radiologique (Sfipp) ;
  • orthopédie pédiatrique (Sofop).

Un apport complémentaire précieux (Collège des sages-femmes et surtout médecins généralistes, qui assurent le suivi de 50 % des enfants la première année) a été également précieux.

LCH couvprepresseUn ouvrage consacré à ce véritable enjeu de santé publique vient de paraître « Luxation congénitale de la hanche – Dépistage clinique et échographique ». Il se propose de réunir tous ces travaux et de faire la synthèse des réflexions actuelles au travers de recommandations pratiques pour améliorer la situation (exemple : amélioration du carnet de santé de l’enfant, effort majeur de pédagogie, création d’un observatoire de la luxation congénitale de la hanche recensant les cas observés, respect des bonnes pratiques professionnelles s’appuyant sur la fiche « mémo » HAS qui édicte une stratégie précise…).

Il s’adresse à tous les acteurs du dépistage de la luxation congénital de la hanche (sages-femmes, pédiatres, généralistes, radiologues, chirurgiens orthopédistes).

Le 10 novembre 2015
Pr Rémi Kohler – Ancien président de l’Académie d’orthopédie-traumatologie

Déclaration d'intérêts
Consultez la déclaration d'intérêt du Pr Rémi Kohler

Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

Dépistage de la luxation congénitale de la hanche

A la demande de la Sofcot et de la Sofop, la HAS a publié une fiche mémo dédiée au dépistage de la luxation congénitale de la HAS. Ce travail a été élaboré par la HAS avec le concours de 3 sociétés :
   -  la Société française d’orthopédie pédiatrique (Sofop), responsables Philippe Wicart, Christian Morin ;
   - l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA), responsables Nathalie Gelbert, Alain Bocquet ;
   - la Société francophone d’imagerie pédiatrique et prénatale (SFIPP), responsables Laurence Mainard-Simard, Hubert Ducou Le Pointe.
L’idée de ce  projet (R. Kohler, P. Wicart, C. Morin) était de rappeler les bonnes pratiques en matière de dépistage de la luxation congénitale de la hanche, démarche justifiée devant la recrudescence des cas diagnostiqués tardivement après l’âge de 1 an. Ce phénomène est la rançon d’un examen néonatal parfois un peu « rapide » ou incomplet, ou réalisé dans de mauvaises conditions, ou enfin non répété tout au long de la première année de vie. Les travaux de 1986 (Sofop) et 1991 (conférence de consensus) semble « oubliés »… Ce travail justifie des remerciements à la HAS qui l'a élaboré dans un délai très rapide.

Le document obéit au format « fiche mémo » et propose des conclusions simples et pragmatiques en forme de « stratégie », selon un arbre décisionnel :
- primauté de l’examen clinique, qui doit être systématique, avec en particulier une grande valeur d’alerte de la limitation ou de l’asymétrie de l’abduction
- l’échographie n’est pas systématique mais est réservée à certains cas douteux ou lorsque sont présents un ou plusieurs facteurs de risque
- identification des facteurs de risque : ceux reconnus actuellement sont :
   • antécédents familiaux en ligne directe ;
   • présentation du siège ;
   • signe témoin d’un conflit postural comme un torticolis ou un bassin oblique congénital.
(à ce jour le genre féminin n’est pas retenu comme tel, pas plus que les déformations du pied)
- nécessité de répéter cet examen lors de toutes les consultations obligatoires de la première année de la vie.

Ce travail a déjà fait l’objet d’une large diffusion : congrès de pédiatrie à Lyon en mai 2014, journées de DPC de radiologie à Paris en octobre 2014 et congrès de la Sofcot à Paris en novembre 2014.


Perspectives et limites actuelles

Par ailleurs, il faudra dans les mois à venir :
- s’assurer d’une plus grande implication des médecins généralistes, acteurs importants de ce dépistage (par le biais du Conseil national des généralistes enseignants (CNGE) et par le biais du CNU (sous-section médecine interne) ; l’inscription de cette question aux programmes annuels de DPC serait un moyen de diffuser largement ces recommandations ;
- proposer, lorsque cela sera remis à l’ordre du jour, (sans doute en 2015), l’amélioration du Carnet de santé de l’enfant en y intégrant une mention «dépistage de la luxation de hanche » aux divers examens de la première année et non pas seulement lors de l’examen néonatal ;
- affiner la reconnaissance épidémiologique des facteurs de risque (sexe féminin ?). Un travail de type PRME (projet de recherche médico-économique) est soumis à cet effet à la Sofcot, pour espérer bénéficier de subventions permettant la mise en œuvre d’une telle étude ;
- enfin acquérir et mettre à disposition des outils pédagogiques auprès des équipes concernées (par exemple : baby hippy) et renouveler le film pédagogique sur le dépistage clinique dans l’esprit de  celui de 1986 (avec les techniques modernes d’animation dont on dispose aujourd’hui).

Le 11/11/2014
Pr Rémi Kohler – Hôpital Femme Mère Enfant – Lyon

Déclaration d'intérêts
Consultez la déclaration d'intérêt du Pr Rémi Kohler

Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.