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Antivomitifs – Prudence avec les antiémétiques

Article HAS - Mis en ligne le 27 mai 2019

Les antiémétiques à base de dompéridone, métoclopramide ou de métopimazine ne devraient être envisagés que pour soulager des nausées et des vomissements consécutifs à des affections sans caractère de gravité comme lors d’une gastroentérite, d’une colite infectieuse ou d’une infection virale, uniquement lorsque les vomissements peuvent avoir des conséquences graves ou très gênantes. Explications de Bertrand Mussetta & Patrick Semenzato*, du service évaluation des médicaments à la HAS.

 

La HAS a publié une fiche bonne usage des médicaments utilisés dans le traitement symptomatique des nausées et vomissements. Pour quelle raison ?

Ces médicaments sont très couramment utilisés dans des situations cliniques habituellement sans caractère de gravité telles que la gastroentérite, la colite infectieuse, et l’infection virale… Or, les données cliniques ne permettent pas d’établir solidement leur efficacité dans ces cas de figure. De plus, ils peuvent conduire à des effets indésirables cardiologiques et neurologiques graves.

 

Chez quels patients leur prescription doit-elle être évitée ?

Leur usage doit être évité chez le sujet âgé, en cas de troubles cardiaques, chez les femmes enceintes ou allaitantes.

Chez l’enfant, l’efficacité de la dompéridone n’a pas été établie et le métoclopramide n’a pas sa place dans la stratégie de traitement des nausées et vomissements dans les situations cliniques sans caractère de gravité.

 

Chez quels patients peut-on les utiliser ?

Nous voulons rappeler que leur prescription ne devrait être envisagée que si cela paraît indispensable, chez un patient dont les vomissements peuvent entraîner à court terme des complications graves ou très gênantes.

Le métoclopramide peut aussi être utilisé pour traiter des nausées et des vomissements retardés causés par des antimitotiques ou après un acte chirurgical.

 

Quelle alternative par exemple dans le cas d’une gastroentérite ?

En cas de vomissements abondants avec troubles hydroélectrolytiques (déshydratation, hypokaliémie…), des sels de réhydratation orale ou une réhydratation par voie parentérale peuvent être employés.

 

Un dernier conseil ?

Il convient d’utiliser ces médicaments avec la posologie la plus faible possible (sans dépasser 30 mg/j) et la durée du traitement la plus courte possible (5 à 7 jours maximum selon les produits).

 

Des effets indésirables qui peuvent être graves

Dompéridone 

  • Arythmies ventriculaires graves (torsades de pointe) ;
  • Morts subites cardiaques, par allongement de l’intervalle QTc ;
  • Troubles neurologiques graves. => Il convient de prendre en compte les facteurs de risque tels qu’hypokaliémie, bradycardie, surdosage, autres médicaments allongeant l’intervalle QTc, âge avancé.

Métoclopramide 

  • Symptômes extrapyramidaux périphériques (risque plus élevé chez l’enfant) ;
  • Dyskinésies tardives, parfois irréversibles ;
  • Arythmies ventriculaires graves (torsades de pointe) ;
  • Morts subites cardiaques, par allongement de l’intervalle QTc. => Les risques neurologiques sont accrus aux doses les plus élevées ou pendant un traitement de longue durée.

Métopimazine 

  • Symptômes extrapyramidaux à type de dyskinésies précoces ou tardives, au cours de cures prolongées ;
  • Un risque cardiovasculaire accru n’a pas été établi. Cependant, les données disponibles sont limitées et un effet de classe ne peut être écarté.

 

 * Propos recueillis par Arielle Fontaine (HAS) & Citizen press


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