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TECENTRIQ - Carcinome hépatocellulaire (CHC)

Avis sur les Médicaments - Mis en ligne le 04 mars 2021

Nature de la demande

Extension d'indication

Nouvelle indication.

Avis favorable au remboursement en association au bevacizumab dans le traitement des patients adultes atteints d'un carcinome hépatocellulaire (CHC) avancé ou non résécable, n’ayant pas reçu de traitement systémique antérieur uniquement chez les patients avec une fonction hépatique préservée (stade Child-Pugh A), un score ECOG 0 ou 1, et non éligibles aux traitements locorégionaux ou en échec à l’un de ces traitements.

Avis défavorable au remboursement dans les autres situations.

Quel progrès ?

Un progrès thérapeutique par rapport au sorafenib.

Quelle place dans la stratégie thérapeutique ?

La prise en charge du carcinome hépatocellulaire (CHC) dépend du stade de la maladie et de l’état général des patients.

Les patients ayant un CHC diagnostiqués à un stade précoce (BCLC A) sont en général éligibles à un traitement curatif par chirurgie, transplantation ou ablation par radiofréquence. En cas de non-éligibilité, un traitement par chimio-embolisation intra-artérielle (TACE) peut-être proposé.

Lorsque les patients progressent, ou sont diagnostiqués à un stade multinodulaire (BCLC B) avec un score ECOG 0 et une fonction hépatique préservée (Child-Pugh A), la TACE est recommandée. En cas de contre-indication à la TACE, ou après échec de la TACE, un traitement systémique est recommandé. Une radiothérapie interne sélective peut être envisagée, mais ne concerne que certains patients sélectionnés, après avis spécifique en réunion de concertation pluridisciplinaire.

Lorsque les patients progressent, ou sont diagnostiqués à un stade avec invasion portale et/ou extension extrahépatique (BCLC C), avec un score ECOG compris entre 0 et 2 et une fonction hépatique préservée (Child-Pugh A), un traitement systémique est recommandé en 1ère intention (sorafenib). A noter que les effets indésirables fréquemment associés au sorafenib sont le syndrome main-pied, la diarrhée, l’alopécie, la diminution de l’appétit, la fièvre et le rash.

Lorsque les patients progressent, ou sont diagnostiqués à un stade très avancé, avec une fonction hépatique perturbée ou un stade ECOG 3 ou 4, seuls les soins de support ou l’inclusion dans un essai clinique sont préconisés.

Place du médicament

Compte tenu de la démonstration d’un bénéfice cliniquement pertinent par rapport au sorafenib en termes de survie globale dans une population très sélectionnée de patients (Child-Pugh A, ECOG 0 ou 1), la Commission de la transparence considère que TECENTRIQ (atezolizumab) en association au bevacizumab, est un traitement de première ligne chez les patients atteints de carcinome hépatocellulaire avancé ou non résécable, n’ayant pas reçu de traitement systémique antérieur, avec une fonction hépatique préservée (stade Child-Pugh A), un score ECOG 0 ou 1, et non éligibles aux traitements locorégionaux ou en échec à l’un de ces traitements. En dehors de ces situations, cette association n’a pas de place faute de données cliniques.

Le profil de tolérance de l’atezolizumab est marqué par une survenue moindre du syndrome main-pied, des diarrhées, de l’alopécie, de la diminution de l’appétit, de la fièvre et des rashs (connus pour être associés au sorafenib), et par une survenue plus importante des réactions lors de la perfusion, et aux hypo et hyperthyroïdies d’origine immunologique.

Des incertitudes sur le niveau d'efficacité selon les différentes étiologies persistent, en particulier en cas d’étiologie non virale, incitant à mettre en place un suivi des patients traités par TECENTRIQ (atezolizumab).

La Commission souhaite attirer l’attention des prescripteurs sur la nécessité d’une vigilance particulière vis-à-vis du risque d’hémorragie digestive (patients cirrhotiques et association à un anti-angiogénique : bevacizumab).

Elle tient également à rappeler aux prescripteurs que l’ensemble des patients atteints par une hépatite B (VHB) active doivent bénéficier d’un traitement concomitant anti-VHB durant toute la durée du traitement.


Service Médical Rendu (SMR)

Important

Le service médical rendu par TECENTRIQ (atezolizumab), en association au bevacizumab, est important dans le traitement des patients adultes atteints d'un carcinome hépatocellulaire (CHC) avancé ou non résécable, n’ayant pas reçu de traitement systémique antérieur uniquement chez les patients avec une fonction hépatique préservée (stade Child-Pugh A), un score ECOG 0 ou 1, et non éligibles aux traitements locorégionaux ou en échec à l’un de ces traitements.

Insuffisant

Le service médical rendu par TECENTRIQ (atezolizumab), en association au bevacizumab, est insuffisant dans les autres situations pour justifier d’une prise en charge par la solidarité nationale.


Amélioration du service médical rendu (ASMR)

III (modéré)

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-06/tecentriq_13042021_avis_economique.pdfhttps://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2021-06/tecentriq_13042021_avis_economique.pdfDans le périmètre du remboursement :

Compte tenu :

  • de la démonstration de la supériorité de TECENTRIQ (atezolizumab), en association au bevacizumab, par rapport au sorafenib en termes de survie globale (HR=0,66 [IC95% : 0,52-0,85] après un suivi médian de 15,6 mois, avec une estimation ponctuelle du gain absolu de 5,8 mois jugé cliniquement pertinent), dans une étude de phase III randomisée en-ouvert et,
  • du profil de tolérance similaire à celui du sorafénib, marqué notamment par la survenue d’hémorragies digestives et des événements indésirables d’origine immunologique,

et malgré :

  • les incertitudes sur la transposabilité des résultats de l’étude pivot aux patients français (patients originaires d’Asie, en majorité, dont la répartition des étiologies de l’hépatocarcinome ne correspond pas à l’épidémiologie française),
  • l’absence d’impact démontré sur la qualité de vie,

la Commission considère que TECENTRIQ (atezolizumab) en association au bevacizumab, apporte une amélioration du service médical rendu modérée (ASMR III) par rapport au sorafenib, dans le traitement des patients adultes atteints d'un carcinome hépatocellulaire avancé ou non résécable, n’ayant pas reçu de traitement systémique antérieur, avec une fonction hépatique préservée (stade Child-Pugh A), un score ECOG 0 ou 1, et non éligibles aux traitements locorégionaux ou en échec à l’un de ces traitements.

Sans objet

Dans le périmètre inclus dans l’AMM mais non retenu pour le remboursement :

Sans objet.


Avis économique

Ce produit a fait l'objet d'un avis économique rendu par la Commission d'évaluation économique et de santé publique le 13 avril 2021.

L’avis économique porte sur l’indication demandée au remboursement, à savoir l’atezolitumab en association au bevacizumab, dans le traitement des patients adultes atteints d'un carcinome hépatocellulaire (CHC) avancé ou non résécable, n’ayant pas reçu de traitement systémique antérieur, avec une fonction hépatique préservée (stade Child-Pugh A) et non éligibles aux traitements locorégionaux ou en échec à l’un de ces traitements. Cette indication est plus restreinte que celle décrite par l’AMM, et concerne moins de 40% de la population couverte par l’AMM.

La CEESP a été en mesure de conclure sur le niveau d’efficience du produit, avec un ratio différentiel coût-résultat (RDCR) de 144 156 €/QALY gagné versus le sorafenib sur un horizon temporel de 15 ans. L’impact budgétaire de l’arrivée de l’atezolizumab dans cette indication génère une hausse d’environ 163% des dépenses de l’Assurance maladie par rapport à la prise en charge actuelle de ces patients.

> TECENTRIQ - Avis économique (pdf)

 

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