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Papillomavirus : la vaccination recommandée pour tous les garçons

Actualité - Posted on Jan 24 2020

En 2020, la vaccination contre le papillomavirus (HPV) devrait être élargie à tous les garçons de 11 à 14 ans avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans. L’augmentation de la couverture vaccinale des filles reste néanmoins une priorité.

 

Élargir la vaccination contre les papillomavirus pour éviter certains cancers

Les jeunes garçons et les jeunes hommes transmettent ces virus et peuvent aussi développer des cancers dus aux HPV. Chaque année en France, plus de 6 000 nouveaux cas de cancers sont causés par les papillomavirus. Si les trois quarts de ces cancers concernent les femmes (col de l’utérus, vulve, vagin, anus et sphère ORL), un quart d’entre eux surviennent chez l’homme : cancers de la sphère ORL principalement, mais aussi cancers de l’anus et du pénis.

L’efficacité et la sécurité du vaccin ont été démontrées chez les hommes comme chez les femmes. Le vaccin Gardasil® (qHPV) a prouvé son efficacité clinique chez les hommes en prévention des lésions dues aux génotypes vaccinaux : verrues anogénitales (89,9 %) et lésions précancéreuses de l’anus (77,5 % dans le sous-groupe des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Au niveau de la sphère ORL, les données sont encore insuffisantes mais suggèrent une probable efficacité du vaccin.

Dans les pays ayant introduit la vaccination avec des taux de couverture élevés, une réduction importante des infections génitales, des verrues génitales et des lésions précancéreuses dues aux HPV est constatée.

Au-delà de la protection conférée aux garçons vaccinés, l’élargissement de la vaccination à tous les garçons permettra de mieux protéger les filles et femmes non vaccinées. En France, selon une étude HAS-Inca-BVA, 68 % des médecins considèrent la vaccination des garçons comme le principal levier pour augmenter la couverture vaccinale et donc mieux protéger la population, féminine comme masculine.

Enfin, en ciblant tous les hommes quelle que soit leur orientation sexuelle, cette stratégie évite la stigmatisation des adolescents ou des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à un âge où la préférence sexuelle n’est pas connue ou pas affirmée.

 

Modalités de vaccination chez l’adolescent et l’homme

La vaccination contre les HPV est élargie à tous les garçons de 11 à 14 ans révolus selon un schéma à 2 doses (M0, M6). Un rattrapage est possible de 15 à 19 ans révolus selon un schéma à 3 doses (M0, M2, M6). Chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, la vaccination jusqu’à 26 ans révolus est maintenue, selon un schéma à 3 doses (M0, M2, M6).

Seul le vaccin Gardasil 9® (9HPV) est recommandé pour débuter toute nouvelle vaccination chez l’homme. Il confère une protection contre l’HPV 16, principal responsable des lésions précancéreuses chez l’homme, et contre les génotypes 6 et 11, responsables chez l’homme des condylomes génitaux, et il est amené à remplacer définitivement Gardasil® dont l’arrêt de commercialisation est proche. Le vaccin Cervarix® n’est pas recommandé chez l’homme en l’absence de protection démontrée sur les condylomes génitaux.

 

Améliorer la couverture vaccinale

En 2018, le taux de couverture vaccinale chez les jeunes filles était de 29 % pour une dose et de 24 % pour le schéma complet, soit bien inférieur à l’objectif de 60 % du plan cancer 2014-2019. La couverture des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes était, quant à elle, estimée à environ 15 %. Le seul élargissement de la vaccination aux garçons ne permettra pas d’atteindre l’objectif de protection de la population.

L’augmentation de la couverture vaccinale des filles, en complément du dépistage du cancer du col de l’utérus des femmes à partir de 25 ans, reste la priorité, d’autant que ces stratégies sont particulièrement efficientes (coût/efficacité).

Plusieurs pistes sont proposées, par exemple : mettre en œuvre des programmes de vaccination adaptés à l’âge de la cible, organiser des consultations de santé sexuelle auprès des adolescents, mieux communiquer sur l’efficacité et la sécurité du vaccin, mieux prendre en charge la vaccination et en faciliter l’accès.

Rédaction Citizen press