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La HAS réaffirme l’importance de sa recommandation sur le diagnostic de syndrome du bébé secoué

Mise au point - Mis en ligne le 19 déc. 2019
19 décembre 2019

Interpellée sur sa recommandation sur le diagnostic du syndrome du bébé secoué, la HAS réaffirme, avec l’ensemble des organisations professionnelles et associations de patients qui ont été mobilisées pour les élaborer, l’importance de ses travaux et le rôle essentiel des professionnels de santé dans le repérage, le diagnostic et la prévention de ces maltraitances à enfant. Elles refusent de laisser sans réaction la mise en cause de la compétence et de la probité scientifique de leurs experts.

Le syndrome du bébé secoué (SBS) est une maltraitance infantile aux conséquences importantes : il survient lorsqu’un adulte secoue violemment un enfant, occasionnant des lésions cérébrales graves, parfois fatales. Plus de 10% des bébés secoués meurent des suites des traumatismes crâniens infligés et plus des ¾ des enfants survivants gardent des séquelles à vie. Le syndrome du bébé secoué touche plusieurs centaines d’enfants chaque année, majoritairement des nourrissons de moins de 1 an, le plus souvent des garçons.
Les professionnels de santé, qu’ils exercent aux urgences ou en cabinet de ville, sont des acteurs essentiels du repérage de ces actes, de leur diagnostic et de leur prévention. Ils sont les plus à même de reconnaître les signes évocateurs d’une maltraitance ainsi que les situations à risque. Ils sont également – par le lien qu’ils établissent avec les familles – des acteurs essentiels de la prévention, en donnant par exemple des conseils aux jeunes parents sur la façon de gérer les pleurs d’un bébé. Rappelons que dans plus d’un cas sur deux, il y aura récidive du secouement, augmentant considérablement les risques de conséquences irréversibles.
Les professionnels de santé ont par ailleurs l’obligation légale et déontologique de réagir s’ils suspectent un cas de maltraitance afin de protéger l’enfant. Ils doivent alors signaler cette situation au procureur de la République et à la cellule de recueil d’évaluation et de traitement des informations préoccupantes (CRIP) de leur département. Ce signalement s’impose à eux, même s’ils ne sont pas certains de la maltraitance et sans avoir à en apporter la preuve. Celle-ci relève de l’enquête des autorités compétentes.

Contester les recommandations c’est se tromper de sujet

La HAS a notamment la mission d’élaborer des recommandations pour les professionnels de la santé, du social et du médico-social, afin d’optimiser et d’harmoniser leurs pratiques et leurs organisations.
C’est pour améliorer les connaissances des professionnels de santé sur ce problème grave que la HAS, saisie par les sociétés savantes, a élaboré des recommandations sur le syndrome du bébé secoué en 2011 puis les a actualisées en 2017. Elle a par ailleurs mené des travaux sur d’autres maltraitances infantiles, sur la rédaction des certificats médicaux initiaux et plus récemment sur les violences faites aux femmes au sein du couple.
Aujourd’hui, avec l’ensemble des sociétés savantes et associations qui ont mené ce travail sur le syndrome du bébé secoué, la HAS tient à souligner la qualité de cette recommandation alors qu’elle fait l’objet de contestations de la compétence voire d’une remise en cause inacceptable de la probité scientifique des membres du groupe du travail.

Une méthode de travail qui repose sur l’expertise, la rigueur et la pluridisciplinarité

La HAS souhaite rappeler comment sont menés ses travaux, leurs objectifs ainsi que les méthodes rigoureuses qu’elle respecte pour garantir leur expertise. A la suite d’un premier travail (2011) réunissant plus de 50 experts du monde de la santé, des associations, du secteur social, de la justice, de la police et de la gendarmerie ainsi que de la société civile, elle a réactualisé sa recommandation en 2017 pour tenir compte des progrès réalisés dans le domaine.
Elle a, à cette occasion, constitué un groupe de travail de 30 personnes choisies parmi celles proposées par des instances nationales professionnelles, des associations de défense des droits de l’enfant ainsi qu’un magistrat et un avocat. Leur travail s’est notamment fondé sur une analyse rigoureuse de la littérature scientifique et médicale internationale. L’ensemble des articles y compris ceux remettant en question l’existence ou le diagnostic du syndrome du bébé secoué ont été pris en compte, les articles étant retenus selon leur seule valeur scientifique. Cette analyse de 310 publications a permis d’élaborer un argumentaire scientifique, à partir duquel la recommandation a été construite.
Enfin, la recommandation s’est aussi appuyée sur l’expertise des membres du groupe de travail puis a été soumise pour relecture aux différents partenaires, instances professionnelles, sociétés savantes et associations.
Aujourd’hui comme hier, l’engagement de la HAS et des professionnels de santé dans la prévention et le repérage des maltraitances ainsi que dans la protection de l’enfance sont des engagements profonds car soigner, c’est également prévenir et protéger.

 

Haute Autorité de santé – Pr Dominique Le Guludec
Société française de neurologie pédiatrique – Pr Stéphane Auvin
Société française de neurochirurgie – Pr Emmanuel Gay
Conseil national professionnel de neurochirurgie – Dr Thierry Faillot
Conseil national professionnel de pédiatrie – Pr Brigitte Chabrol
Société française de pédiatrie – Pr Christophe Delacourt
Société francophone d’imagerie pédiatrique et prénatale – Dr Hervé Brisse
Société française de radiologie – Pr Jean-François Meder
Société française de médecine légale – Pr Valéry Hédouin
Société française de médecine physique et de réadaptation – Pr Isabelle Laffont
Conseil national professionnel de médecine d’urgence – Pr Dominique Pateron
Conseil national professionnel de radiologie – Pr Louis Boyer
Conseil national professionnel d’anesthésie-réanimation – Dr Laurent Heyer
Conseil national professionnel de médecine légale et d’expertise médicale – Pr Sophie Gromb
Collège infirmier français – Marie-Claude Gasté
Conseil national professionnel d’ophtalmologie (Académie française de l’ophtalmologie) – Pr Béatrice Cochener
Syndicat national des médecins de PMI – Dr Pierre Suesser
Collège national des sages-femmes – Adrien Gantois
Collège national pour la qualité des soins en psychiatrie (CNPP-CNQSP) – Dr Maurice Bensoussan
Collège de la médecine générale – Pr Paul Frappé
France traumatisme crânien – Dr Emmanuel Chevrillon
Société française de pédiatrie médico-légale – Dr Martine Balençon
Société française de neurochirurgie pédiatrique – Pr Didier Scavarda
Association française de pédiatrie ambulatoire – Dr Fabienne Kochert
Fédération française de psychiatrie – Dr Michel David
Société de l’information psychiatrique – Pr Gisèle Apter

 

Ce que disent les recommandations de la HAS et de la SOFMER :

La recommandation décrit la conduite diagnostique que doit suivre l’équipe multidisciplinaire hospitalière (au sein de laquelle le radiologue pédiatrique a un rôle essentiel) prenant en charge l’enfant. Elle précise les examens complémentaires permettant d’éliminer les diagnostics autres et d’objectiver les lésions caractéristiques du syndrome du bébé secoué. En fonction du contexte clinique, des lésions présentées et de leur chronologie d’apparition, le diagnostic du SBS est considéré comme écarté, probable ou certain.

Le diagnostic est issu d’un bilan pratiqué par une équipe pluridisciplinaire et c’est seulement après élimination des diagnostics différentiels que le degré de certitude diagnostique est défini en fonction, non des facteurs de risque, mais des explications données et du type de lésions objectivées.

Le diagnostic de traumatisme crânien non accidentel par secouement est certain, après élimination des diagnostics différentiels, en cas de :

  • hématomes sous-duraux plurifocaux avec caillots à la convexité (vertex) traduisant la rupture de veines ponts,
  • ou hématomes sous-duraux plurifocaux et hémorragies rétiniennes quelles qu’elles soient,
  • ou hématome sous-dural unifocal avec lésions cervicales et/ou médullaires.

 

Le diagnostic de traumatisme crânien non accidentel par secouement est probable en cas de :

  • hématomes sous-duraux plurifocaux même sans aucune autre lésion,
  • ou hématome sous-dural unifocal avec hémorragies intra rétiniennes limitées au pôle postérieur,
  • ou hémorragies rétiniennes touchant la périphérie et/ou plusieurs couches de la rétine, qu’elles soient uni ou bilatérales.

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