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Évaluation de la thermoplastie bronchique pour le traitement de l’asthme sévère non contrôlé

Evaluation des technologies de santé - Mis en ligne le 28 janv. 2016

Objectif(s)

Évaluation de l’efficacité et de la sécurité de la thermoplastie bronchique pour le traitement de l’asthme sévère non contrôlé malgré un traitement médicamenteux optimal, chez le patient âgé de plus de 18 ans.

Méthode

Cette évaluation est basée sur :

  • une recherche systématique de la littérature permettant de renseigner les critères d’évaluation définis ;
  • une analyse médico-scientifique des publications sélectionnées ;
  • la consultation des organismes de professionnels de santé concernés en tant que parties prenantes, notamment sur les conditions de réalisation de la technique et les critères d’éligibilité des patients à la technique;
  • l’interrogation des associations de patients.

Résultats

Au total, l’analyse de la littérature et les points de vue des parties prenantes montrent que :

  • l’asthme sévère non contrôlé constitue un problème de santé publique en raison de son impact potentiel sur le retentissement fonctionnel, la perte de la qualité de vie et la lourdeur des soins qu’il provoque. Certains patients sont en situation d’impasse thérapeutique, il existe donc un réel besoin thérapeutique dans cette population ;
  • la thermoplastie bronchique constitue une nouvelle modalité thérapeutique qui se positionne comme ultime recours thérapeutique dans les asthmes sévères non contrôlés. La thermoplastie bronchique ne modifierait pas la prise en charge thérapeutique de la maladie, mais pourrait notamment améliorer la qualité de vie des patients ;
  • les données publiées sont peu nombreuses et ne démontrent pas formellement le bénéfice clinique en termes de baisse d’exacerbations, de diminution du nombre d’hospitalisation ou d’allègement du traitement pharmacologique. Un impact statistiquement significatif sur la qualité de vie a été observé dans une des études, cependant cet effet n’atteignait pas la signification clinique fixée a priori par les investigateurs. Dans cette même étude, la TB avait montré une réduction statistiquement significative du nombre d’exacerbations, de visites aux urgences et des arrêts de travail (critères de jugement secondaires). Enfin, ainsi que l’ont souligné les auteurs, il n’y a pas de recul sur le long terme ;
  • la position des organismes professionnels interrogés comme parties prenantes sur l’introduction ou non de cette technique dans l’arsenal thérapeutique standard, n’est pas totalement homogène. Les pneumologues et les immuno-allergologues considèrent, sous réserve d’un encadrement strict de la diffusion de la technique et de la création d’une filière de prise en charge des asthmes sévères, que la thermoplastie bronchique présente un intérêt chez les patients en situation d’impasse thérapeutique et peut donc être intégrée dans les soins à proposer en pratique ; les médecins généralistes estiment en revanche que les données disponibles sont insuffisantes pour cette technique invasive et qu’elle doit donc être réservée à un cadre de recherche clinique. Les patients ont souligné leur espoir de disposer d’une modalité thérapeutique susceptible d’améliorer leur qualité de vie en cas d’asthme sévère non contrôlé. En revanche, l’ensemble des parties prenantes a insisté sur la nécessité de disposer de données d’efficacité et de sécurité à long terme, de la mise en place d’un encadrement et d’un parcours de soins pour ces patients asthmatiques sévères.

Conclusion

Sur la base de ces éléments, la HAS considérant la situation de besoin thérapeutique non couvert pour des patients graves, la diffusion en cours de cette nouvelle modalité de traitement, conclut que la thermoplastie bronchique constitue une modalité thérapeutique pour les patients atteints d’asthme sévère non contrôlé malgré un traitement maximal suivi sur au moins un an et avec une bonne observance, modalité qu’il convient d’encadrer pour garantir une qualité des soins optimale et le suivi de tous les patients traités.

La HAS estime que la mise à disposition de cette nouvelle technique relève d’un encadrement, au sens de l’article L1151-1 du code de la santé publique. Ainsi, la thermoplastie bronchique est à réserver à des centres experts disposant à la fois d’une compétence en endoscopie bronchique interventionnelle et d’une compétence dans la prise en charge des asthmes sévères ; ces centres devant s’inscrire dans une filière de soins structurant les différents niveaux de prises en charge de l’asthme. La HAS préconise une information claire des patients sur le faible recul des données actuellement disponibles, l’élaboration d’un protocole définissant les conditions de réalisation et la mise en place d’un registre national exhaustif de données sur l’innocuité et l’efficacité à long terme de la thermoplastie bronchique, la participation à ce registre devant conditionner l’accès à cette technique.

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